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Posté le 6 décembre 2017 dans Vins suisses

Un «œnoparc» inauguré aux portes de Sion

Un «œnoparc» inauguré aux portes de Sion

Vendre du vin, mais surtout le faire découvrir aux touristes. Tel est l’objectif des Celliers de Sion, inaugurés à fin novembre au pied du vignoble de Clavau, à l’entrée (ou à la sortie…) de la capitale valaisanne, côté Saint-Léonard.

Par Pierre Thomas

Il y a vingt-cinq ans, les maisons sédunoises historiques Bonvin et Varone réunissaient sous un même toit leurs activités, non loin de l’hôpital de Sion, aux Celliers de Champsec. Ensemble, les deux fournissent les vins de la marque Bibacchus, réservée à Coop Suisse.

Un quart de siècle plus tard, les deux entreprises existent toujours, mais sont désormais placées sous la direction d’un seul homme, David Héritier, 36 ans (photo ci-dessous). Il a fallu huit ans et 7,5 millions de francs pour reloger les celliers sous un nouveau toit, résolument novateur.

Entretemps, les deux entreprises ont connu une profonde évolution. La famille Bonvin a vendu, en 2009, son entreprise et ses domaines de près de 24 hectares à la famille sierroise Rouvinez — qui vient de fêter les 70 ans de sa propre cave. Cette vente avait accéléré l’abandon des Celliers de Champsec et le regroupement des activités «techniques» des deux sociétés à Martigny, dans les locaux de Cevin, dans l’ex-cave Orsat. Simultanément, les deux sociétés esquissaient la nécessité de garder une vitrine en ville de Sion. Le choix s’est porté sur un terrain en zone agricole au pied du vignoble de Clavau, un des plus spectaculaires du Valais.

Un «Héritier» de l’ensemble des activités

Autre évolution d’importance : Philippe Varone, libéral-radical, a été élu à la présidence de la Ville de Sion en octobre 2016. Le nouveau syndic ou maire à plein temps du chef-lieu valaisan a dû se trouver un successeur. C’est David Héritier qui fut choisi. Fils de vigneron professionnel, qui travaillait alors une dizaine d’hectares dans le Valais central sans vinifier, il a un parcours atypique. D’abord, il a achevé des études en sciences politiques à Lausanne, en 2005, avec un mémoire sur l’image de Christoph Blocher dans les médias. Puis il a fait carrière chez le distributeur allemand Aldi, qui venait de s’implanter en Suisse, avant d’aller représenter les vins, principalement sud-africains, du Valaisan Jacques Germanier (récemment décédé) en Chine.

Il en est revenu avec une épouse chinoise et un enfant est né il y a une année. Après la prise de direction de Varone, David Héritier… hérite du poste similaire chez Bonvin, coiffé par la responsabilité des Celliers de Sion. Chez Bonvin, il succède à André Darbellay, 62 ans, qui prend la présidence, jusqu’ici en main de l’ancien conseiller d’Etat radical Serge Sierro.

Les deux entreprises, bien que logées techniquement à Martigny et dirigées par la même personne, gardent chacune leur œnologue et leur gamme de vins et leurs étiquettes spécifiques: les domaines sont mis en valeur chez Bonvin (24 ha), et des «vins plus sensoriels» chez Varone (10 ha). Auu total, les deux maisons représentent près de 400’000 bouteilles. La force de vente a été fusionnée et quatre représentants proposent désormais les deux gammes de vins à la clientèle, notamment HoReCa, dans toute la Suisse. Cette concentration des forces a été compensée par la création d’emplois sur le site de Sion.

Des parcours sensoriels précurseurs

Les Celliers ne sont pas une cave, mais une vraie vitrine non seulement des vins des deux maisons, mais de tout le Valais. Une jeune historienne, formée en tourisme, lausannoise, Camille Zanarelli, en a été la cheffe de projet avant d’être engagée à 80% pour sa mise en valeur. La visite du bâtiment résolument moderne, avec ses «tuiles» noires en façade, propose un «parcours sensoriel» : un film de dix minutes fait défiler sur grande paroi les images historiques liées aux deux maisons, fondées en 1858, pour Bonvin, et 1900, pour Varone. D’un espace largement vitré, on peut admirer les vignes de Clavau, puis passer à la dégustation, prévue dans tous les cas, et à la boutique, qui vend des produits du terroir, en complément des vins, et prolonger sa visite par un bar à vins et lounge. Seule activité de cave conservée dans ces nouveaux murs : un chais à barriques, pour mettre le chaland dans l’ambiance.

Les Celliers de Sion vont travailler avec des guides et des autocaristes. Bonvin, avec ses guérites dans les vignes, et Varone, avec son cube, ont déjà des structures d’œno-gastronomie qui feront l’objet d’un parcours dans le terrain. «Les visites proposées vont de 45 minutes à 5 heures», précise David Héritier, heureux de disposer d’un outil précurseur dans la mise en valeur du patrimoine vitivinicole non seulement en Valais, mais en Suisse.

Paru dans Hôtellerie & Gastronomie Hebdo du 6 décembre 2017.

©thomasvino.ch