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Posted on 5 mai 2019 in Actus - News

La Mémoire des vins suisses rajeunit

La Mémoire des vins suisses rajeunit

En nommant à sa tête, lors de son assemblée annuelle à Bâle, l’œnologue valaisanne Madeleine Mercier, 35 ans, la Mémoire des vins suisses, rajeunit. Et ça n’est pas incompatible avec l’essence de cette association, qui, depuis 15 ans, veut (dé)montrer la capacité des vins suisses à (bien) évoluer dans le temps.

La nouvelle présidente, Madeleine Mercier, et l’ancien, Thierry Grosjean, à Bâle. (Photo Hanspeter Siffert-mdvs)

Pierre Thomas

Née d’une conversation, dans un train, entre un producteur de vin alémanique vivant au Tessin, Christian Zündel, et un journaliste passionné par le vin, aujourd’hui établi à Vienne, Stefan Keller, la «Mémoire des vins suisses» (MDVS) change de génération. Au début du millénaire, elle s’était étoffée, avec une vingtaine de vignerons, en forme de «club» réunissant les journalistes-dégustateurs Andreas Keller, Martin Kilchmann et Susi Scholl. Cette dernière, à Bâle, a été nommée membre d’honneur. Les deux autres restent au comité, comme la productrice zurichoise Cécile Schwarzenbach, et sont rejoints par le journaliste Rudolf Trefzer, et les producteurs tessinois Fredi de Martin et thurgovien Johannes Meier, de Thurgovie. A la présidence, la Valaisanne Madeleine Mercier, déjà membre du comité, succède au Neuchâtelois Thierry Grosjean, élu en 2015.

Une académie doublée d’un conservatoire

Citer ces noms ne signifierait rien si la personnalité de chacun n’était pas déterminante dans la Mémoire des vins suisses (MDVS). D’un modeste «club», le mouvement a évolué vers une sorte d’académie, doublée d’un conservatoire, où est cooptée l’élite des producteurs suisses. Son mode de fonctionnement veut que des dégustateurs, non producteurs, journalistes spécialisés en majorité, choisissent dans chaque région de Suisse des vins qui leur paraissent intéressants à suivre dans le temps. Les producteurs doivent être acceptés par leurs pairs. A Bâle, le 57èmeà rejoindre la Mémoire est la famille Jauslin, à Muttenz (BL), avec son pinot noir haut de gamme Hohle Gasse.

La MDVS entend être représentative du pays, géographiquement et par variétés. Ainsi, les membres valaisans (15) devancent les Vaudois (10), les Tessinois (8), les Grisons (6), les Neuchâtelois (4) et les Genevois (3). Pour les cépages, les trois plus cultivés de Suisse, le pinot noir (14), le chasselas (8) et le merlot (6) surpassent la vingtaine d’autres, dont les rares amigne, arvine, humagnes (rouge et blanche) du Valais, mondeuse vaudoise, bondola et nebbiolo tessinois, completer grison et autre raüschling zurichois. Pour sa participation, chaque producteur soit s’acquitter d’une cotisation et fournir 60 bouteilles du vin choisi qui rejoint chaque année le «trésor», entreposé en Suisse alémanique.

Un trésor à mettre en valeur

C’est le fonctionnement interne du système. Encore doit-il se donner à voir — et à boire !  A l’occasion de l’assemblée générale, au printemps, a lieu une présentation publique où trois millésimes du vin de chaque producteur peut être dégusté. A Bâle, plus de 400 personnes en ont profité. De plus, pour la cinquième fois, le millésime qui a dix ans est dégusté par une commission de non producteurs, qui attribuent aux meilleurs vins un «Swiss Wine Vintage Award». Pour encourager les producteurs à garder eux-mêmes leurs vins, cette dégustation est ouverte aux non-membres de la Mémoire. Pour le millésime 2009, sur 93 vins (dont 43 extérieurs), 58 ont obtenu la mention. Et ces vins ont pu être dégustés à Bâle par des journalistes dont une quinzaine sont membres de la Mémoire.

La MDVS reçoit une subvention de Swiss Wine Promotion, et, dans certaines manifestations internationales, à Düsseldorf ou à Vienne, a pu représenter la Suisse. Andreas Keller est aussi l’organisateur du principal salon des vins suisses à Zurich, le Swiss Wine Tasting, qui regroupe les membres de la Mémoire et d’autre producteurs ou groupement de producteurs. Car l’idée de «club» fondé à Zurich a essaimé, par exemple dans le canton de Vaud, chez Arte Vitis (14 membres), dans les Grisons, chez Vinotiv (12 membres) et chez les jeunes vignerons de Suisse (nom officiel uniquement en allemand : Junge Schweiz Neue Winzer, 19 membres). A noter qu’Arte Vitis, comme Vinotiv, sont tous les deux présidés par un membre de la MDVS, le Vaudois Blaise Duboux et le jeune Grison Roman Hermann, tandis que les jeunes, où figurent quatre membres de la MDVS, le sont par un non-membre, Mathias Bechtel, qui construit une cave pour les prochaines vendanges à Eglisau (ZH).

Vers un réseau d’ambassadeurs

Le nouveau comité, élu à Bâle, a du pain sur la planche (ou le verre à moitié plein…) : il devra gérer l’évolution de la MDVS vers une «marque» clairement reconnaissable, le changement de génération dans les entreprises, désormais reconnues comme membres, la communication ou le réseau des partenaires. Ceux-ci sont des restaurants, dans toute la Suisse, qui s’engagent à proposer, sur leurs cartes, un tiers des vins des membres de la Mémoire : le Buffet de la Gare de Lucens (VD) et le Restaurant du Théâtre à Monthey (VS) sont les premières adresses romandes du réseau.

Premier bilan l’an prochain, les 26 et 27 mars 2020, à Bad Ragaz, à mi-chemin de Saint-Gall et des Grisons, après le Swiss Wine Tasting de Zurich, le 2 décembre 2019, au Schiffbau, à Zurich.     

Sur le Net : www.mdvs.ch

©thomasvino.ch