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Posté le 27 juillet 2011 dans Vins suisses

Sélection des vins vaudois 2011: chasselas chahutés

Sélection des vins vaudois 2011: chasselas chahutés

Sélection des vins vaudois 2011

Une prime à la diversification

Pour la troisième fois, le palmarès de la Sélection des vins vaudois a été dévoilé, le 25 juillet 2011, à Gstaad. Où on n’a bu que des vins vaudois au tournoi open de tennis. Résultats et commentaires.
Par Pierre Thomas
Le tennisman vaudois Stanislas Wawrinka est reparti de l’Hôtel du Golf avec une bouteille du meilleur vin vaudois du concours 2011, le gamaret-garanoir Pierre-de-Lune 2009 d’Alain Emery, d’Aigle… Car c’est un rouge qui a obtenu le meilleur résultat, 95 points sur 100, avec une bonne longueur d’avance sur les autres vins.

Le tiercé dans le bon ordre

Répartis en six catégories, quelque 1’100 vins ont été dégustés début juin par plusieurs tables, formées par les quelque 80 jurés. Et 330 vins ont obtenu une médaille d’or (148) ou une médaille d’argent (182). Les résultats détaillés figurent sous www.ovv.ch/f/degustations/, le site Internet de l’Office des vins vaudois, qui propose aussi un concours pour emporter, par tirage au sort, un des 50 coffrets de six bouteilles choisies parmi les vins primés au plus haut niveau. Une première…
A Gstaad, les meilleurs producteurs savaient qu’ils figuraient parmi les trois premiers de chaque catégorie. Le tiercé exact a été dévoilé sur place. A l’exception de Schenk SA et de ses domaines (Château d’Allaman) et sociétés (Bolle & Cie SA) et de l’encaveur «à façon» Philippe Bovet, de Givrins, plusieurs fois récompensés, le palmarès distingue des individualités.
A l’analyse, toutes les catégories ne se valent pas. Normal, puisque le vignoble vaudois a produit en 2010, 68% de chasselas, pour 21% de pinot noir et de gamay, 7,5% de «spécialités rouges» et 3,7% de «spécialités blanches». Ces différences se retrouvent dans le nombre de vins soumis aux dégustateurs, des producteurs, principalement, mais aussi quelques sommeliers.

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Les vainqueurs des six catégories de la Sélection des vins vaudois 2011, de g. à dr., Alain Emery (rouges, meilleur score des 1100 vins présentés), Jean-François Crausaz et Blaise Hermann, Bolle & Cie (vins liquoreux), Julien Neyroud (vins blancs secs), Michel Dizerens (chasselas), Raymond Girod (Cave de Vevey-Montreux, vins rosés) et Thierry Ciampi, œnologue de Schenk (vins mousseux).

Des chasselas dans un mouchoir

Logiquement, avec 426 échantillons, le chasselas était la catégorie la plus fournie. C’est aussi celle qui a donné lieu aux résultats les plus serrés, avec un champion à 92,2 points, le Dézaley 2010 Renard, un domaine repris depuis deux ans par les frères Dizerens, de Lutry, mais pas moins de 37 vins entre 90 et 92,2 points. Le reflet d’un millésime 2010 délicat pour le chasselas, au contraire du très flatteur 2009… Pour les rouges, 394 échantillons, et la note de 95 points pour un assemblage 2009 (gamaret-garnoir) d’Alain Emery, qui devance deux merlot 2009 du Domaine de Marcy à Saint-Prex et de la Grappe-d’Or (vinifié par Philippe Bovet) à Founex. Et 31 vins ont été notés à plus de 90 points.
Dans les blancs secs (autres que le chasselas), ils n’étaient plus que 132 en lice, dont 6 à plus de 90 points et c’est le Gewurztraminer 2009 de Michel et Julien Neyroud, de Chardonne, qui l’emporte. Suivent les rosés, avec 74 échantillons, deux vins, seulement à plus de 90 points, dont le vainqueur, l’œil-de-perdrix 2010 de la Cave de Vevey-Montreux. Les vins doux n’ont réunis que 34 échantillons, mais les quatre médailles d’or ont toutes été notées à plus de 90 points, dont le vainqueur, les Larmes de Licorne 2009, de Bolle & Cie, à Morges. Trois médailles d’or, toutes à plus de 90 points, pour les mousseux (14 échantillons) avec, en tête, le rosé du Château d’Allaman, millésimé 2008.

Révéler des talents cachés

Si on peut s’étonner que les deux principales catégories, représentant 75% des vins soumis au concours, ne donnent lieu qu’à six lauréats, pour douze répartis dans les plus petites catégories, le secrétaire général de l’OVV, Nicolas Schorderet préfère mettre en évidence la «découverte de nouveaux vins peu connus des consommateurs».
A défaut de donner lieu au classement des meilleurs vignerons vaudois, sur le modèle de l’ATP, cher au tennis, la Sélection des vins vaudois a le mérite d’ouvrir le jeu. En 2012, l’OVV reste le partenaire du tournoi de Gstaad. Sur une semaine, il s’y sert (et boit…) près de 2’000 bouteilles de vins vaudois. Exclusivement !

Paru dans Hôtel Revue du 3 août 2011.