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Posted on 11 février 2020 in Vins suisses

Le Servagnin célèbre ses six siècles

Le Servagnin célèbre ses six siècles

Pinot noir morgien «sauvé des eaux» lémaniques, le Servagnin de Morges, doté d’une charte de qualité et d’une étiquette commune à ses vingt producteurs, fête tout au long de l’année ses 600 ans (détails pratiques sur le lien ci-dessus).

Les festivités débutent le lundi 30 mars à l’Ecole hôtelière de Lausanne, par une masterclasse, suivie d’un repas de gala (130 fr., vins compris — uniquement des servagnins). On pourra notamment y déguster les vins de 2018, qui devrait être aussi le premier millésime inscrit par le Domaine Cruchon, d’Echichens, à la Mémoire des vins suisses (www.mdvs.ch).

Ensuite, du 1er au 6 avril, le cépage local sera l’hôte d’honneur du salon local des vins Divinum, qui a pris le relais d’Arvinis (déplacé en automne et à Genève…), à Morges. On pourra déguster le rouge morgien de juin à septembre sur les quais de la ville, dans le bar nommé La Coquette, qui est le petit nom de la ville savoyarde, à l’origine. Le 20 juin, les vignerons — 20 producteurs, sur 37 parcelles, pour un total de 28’000 bouteilles commercialisées — se rendront en barque La Vaudoise de Saint-Prex au Château de Ripaille, aux portes de Thonon, pour une «odyssée en Savoie», d’où le premier plant est parvenu, grâce à Marie de Savoie (exposition prévue au Château de Morges en 2021). Et puis, le vendredi 6 novembre, le Château de Morges accueillera une Nuit du Servagnin.

On peut lire sur ce site une évocation du cépage morgien d’il y a bientôt vingt ans (2002), un comparatif entre les deux cépages rouges vaudois les plus répandus dans le vignoble, le gamay et le pinot noir, qui font l’objet d’une sélection particulière du côté de Cully, pour le gamay-plant Robert, et à Morges, avec le Servagnin. Puis, tout récemment, sur le retour du Servagnin au Château de Morges. Cette cave doit servir à l’élevage d’une partie des vins du Domaine de la Ville de Morges, dont le directeur, Marc Vicari, est annoncé partant pour fin avril 2020, où il reprendra un poste au marketing de la coopérative La Cave de La Côte, selon le Quotidien de La Côte. Le consultant valaisan Jean-Marc Amez-Droz, directeur sortant de Swiss Wine Promotion, assurera la conduite du Domaine de la Ville de Morges.

Quant à savoir si le Servagnin peut se targuer d’être le «premier pinot noir de suisse», on laissera le soin aux Neuchâtelois, notamment de Cortaillod, de démontrer le contraire… la mention du nom du cépage ne signifiant pas que le cépage lui-même n’était pas déjà présent dans le vignoble. Mais la querelle concerne, sinon les ampélographes, les historiens… Le regretté Pierre Galet écrit notamment qu’«on pense qu’il était déjà cultivé par les Gaulois du temps de la conquête de la Gaule par les Romains. (…) Au 14ème siècle, le poète Eustache Deschamps cite le nom de Pynoz dans sa «Ballade de la Verdure des Vins»; enfin en 1394, on trouve dans un écrit bourguignon le nom de Pinot fin, plant fin.» (Dictionnaire encyclopédique des cépages et leurs synonymes, Editions Libre & Solidaire, 2015).

Enfin, le Servagnin de Morges ne doit pas être confondu avec le Salvagnin vaudois. Ce dernier nom fut à l’origine un des synonymes du pinot noir, notamment dès le 18ème siècle, en Pays de Vaud et à Neuchâtel. Puis il est devenu le nom «de fantaisie» d’un assemblage rouge vaudois. Ce vin avait la particularité d’être choisi sur la base d’un échantillon réputé représentatif par des œnologues, puis «reproduit» par les diverses caves qui assemblaient pinot et gamay pour se rapprocher du goût de la cuvée de l’année. Aujourd’hui, la législation de 2009 sur les AOC permet à tout rouge vaudois de se nommer «salvagnin».

©thomasvino.ch