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Tournons la page de 2018… et que vive son millésime!

L’année tire à sa fin, mais le millésime 2018, jugé excellentissime en Suisse, n’est pas encore sorti des cuves et des caves — à l’exception du «beaujolais nouveau». Et des chasselas (et un peu de pinot noir) de la Ville de Lausanne, qui vend ses vins aux enchères «en primeur» le deuxième samedi de décembre depuis 216 ans! Et Provins affiche son optimisme malgré des comptes 2017 marqué par les problèmes climatiques et la petite récolte valaisanne.

Priorité aux cadeaux de fin d’année. On en a plusieurs à vous proposer, de beaux bouquins consacrés au terroir, aux vignerons vaudois (qui feront leur fête en été 2019), aux jeunes vignerons de toute la Suisse, aux cafés fribourgeois… Que de bonnes idées!

Les Vaudois ont pris congé de Pierre Keller, président sortant de l’Office des vins vaudois (OVV), au moment où les Zurichois snobent le chasselas plus que jamais. Le Conseil d’Etat vaudois vient de désigner son 1er Grand Cru, vin d’honneur pour l’année 2019, un chasselas du Chablais comme l’a fait le jury de journalistes suisses convoqué par le label Terravin pour ses Lauriers de Platine.

Le Valais a dévoilé ses étoiles à Berne: un palmarès joliment étoffé cette année. Et nous sommes allés déguster un des premiers assemblages rouges genevois, l’atypique Douce Noire, passée en revue sur vingt millésimes. Les Valaisans ont aussi des assemblages, à côté des monocépages traditionnels, et on commence à avoir un peu de recul sur les plus ambitieux. D’autres en produisent en iconoclaste, donc sans élevage sous bois… et même de jeunes Fribourgeois ont sorti leur «super Vully»!

Au rayon des nouveautés, le demi-frère du rouge Divico, le blanc Divona, fait ses premiers pas. On peut être puriste et refuser les croisements naturels entre cépages, mais quand ceux-ci sont résistants et agréables à boire, ils devraient avoir de l’avenir!

Je suis allé faire un tour en Champagne — c’est de saison!: de petits vignerons jouent leur propre carte, originale, qui dictera le ton des grandes maisons, largement majoritaire avec leur BAS — le brut sans année.

Et 2018, pour moi, a été marqué par des voyages:

en Chine, dans le Ningxia, notamment, la région la plus prometteuse;

en Toscane, dans quelques uns des meilleurs crus de la région;

en Sardaigne, où le vermentino a réussi une percée spectaculaire parmi les blancs italiens;

au Chili, sur la trace de Suisses établis depuis plus d’un siècle au sud de Santiago;

en Moldavie, qui fut le dernier invité d’honneur du salon Arvinis en terre vaudoise (il émigre à Genève, en automne 2019).

Et d’ici fin mars 2019, on saura ce que les milieux vitivinicoles pensent des nouvelles AOP-IGP. La désignation du conseiller fédéral vaudois Guy Parmelin à l’économie (et donc à l’agriculture) pourrait être un frein: on voit mal un ex-paysan-viticulteur de La Côte, UDC de surcroît, ouvrir le jeu vers une mise à niveau européenne…

Bonne lecture et bonnes fêtes!

Pierre Thomas, journaliste indépendant (d’esprit).