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La «meilleure cave de Suisse» après les vendanges

On attend les résultats du Grand Prix du Vin Suisse, proclamés le18 octobre à Berne— lire notre commentaire étayé sur les nominés. En lever de rideau de VINEA, début septembre, a été révélé le palmarès du Mondial des Pinots.  Et un jury adhoc de GaultMillau Suisse a désigné son top 125 des vignerons suisses: jusqu’ici, ils n’étaient que 100, plus 10 icônes. Parmi ces 135 grands noms des vins suisses, un bon tiers figure dans la Mémoire des vins suisses (www.mdvs). Et chaque année, GM désigne ses «rookies», les «petits jeunes qui montent»: cette année, seuls Romands, les frères Simonet, du Vully (fribourgeois).

Le salon Arvinis file au bout du lac de… Genève, et aura lieu en automne 2019 (et non au printemps). Et Berne entend bien mettre à l’ordre du jour de la PA 22 + le chantier des nouvelles AOP – IGP euro compatibles. Le conseiller fédéral (démissionnaire pour la fin de l’année) J. Schneider-Ammann l’a fait savoir aux Romands réticents!

Cette année 2018 est précoce pour le raisin et fut très chaude, mais la vigne a moins souffert, notamment de manque d’eau, que lors du fameux millésime 2003, qui reste le plus chaud de l’Histoire. Certains vignerons pronostiquent une récolte quantitativement normale (la France annonce un retour à la normale, notamment…). En Suisse, la fleur s’était mal passée parfois, ailleurs la grêle s’en est mêlée, de sorte que les quotas devraient être juste atteints… et pas partout. Les acidités sont suffisantes, le tartrique suppléant au malique, grillé par le soleil!

On a lu le livre publié à l’occasion des 75 ans de la Cave des viticulteurs de Bonvillars, construite, à l’époque, parce que le premier règlement sur les appellations vaudoises interdisaient à ces producteurs de la rive vaudoise du lac de Neuchâtel de livrer leur raisin dans une cave de Cortaillod (NE). Cette année, leur merlot Gourmand 2016 a remporté les Lauriers de Platine rouges du label Terravin…

Tout le monde le constate: il y a trop de concours et trop de médailles. Et pourtant, chaque année davantage de producteurs présentent plus de vins!

Ce qui n’empêche pas le système de fonctionner à trois ou quatre étages:

— le premier, placé en début de printemps, avec les concours internationaux, comme celui de Bruxelles, cette année à Pékin, en 2019 à Aigle; et les «mondiaux» suisses que sont ceux du Merlot, du Chasselas (palmarès ici) et des Pinots…

— le deuxième, les sélections cantonales, à Neuchâtel (palmarès), à Genève (palmarès) et à Lausanne (palmarès), chacune avec sa brassée de médaillés d’or. En principe, ces sélections servaient à mettre sur orbite le… Même Lucerne s’y met: cette année, 6 catégories primées pour 30 hectares de vignoble!

Bref, plus il y a de médailles en jeu, plus les producteurs sont contents! Les bios suisses ont même droit à deux compétitions concurrentes, l’une plutôt alémanique, l’autre romande… Où les Vaudois se mettent aussi au «vin nature». Ou se convertissent à la biodynamie.

Après avoir participé au jury des trois plus importants concours internationaux du printemps (Mundus Vini, Vinalies de Paris, Concours Mondial de Bruxelles), j’ai aussi «tourné» en Suisse et dans le monde: après le Chili sur la trace des Suisses, la Moldavie, la Toscane, chez les marquis Frescobaldi, en Sardaigne, à la poursuite du vermentino, en Chine, dans le Ningxia… ou la dégustation du dernier millésime du sauvignon blanc néo-zélandais de Cloudy Bay.

Et toujours, dans le magazine life style (presque) mensuel, supplément du Matin-Dimanche et de la Sonntagszeitung (soit le plus gros tirage papier de Suisse…), ma rubrique Bonne bouche: la dernière (parue le 16 septembre) est consacrée au merlot du Tessinois Enrico Trapletti.

Bonne lecture!

Pierre Thomas, journaliste indépendant (d’esprit).