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Le mois de mai des caves ouvertes suisses

Les caves ouvertes helvétiques se profilent durant tous les week-ends du mois de mai...  L’occasion de découvrir un millésime 2018 riche en quantité et en qualité: la Suisse a même été le recordman des pays de l’OIV qui a le plus augmenté sa production entre 2017 (historiquement basse) et 2018 (où le vignoble suisse a produit une bouteille de 75 cl par mètre carré de vignoble!).

La Suisse, dans le sillage de la Fondation du Goût, lance, à l’image de la France, ses «grands sites du goût».

En ce début mai, j’ai vécu, entre Aigle et Leysin, le seul Concours Mondial de Bruxelles sous un peu de neige, sur les 26 éditions du concours (21 où j’étais présent, dont une quinzaine comme président de jury). A Brno, du 1 au 3 mai 2020, en Moravie du Sud (République tchèque), au milieu des vignobles, peu de risque de renouveler l’expérience post-hivernale… A Aigle, le Centre mondial du cyclisme s’est révélé un parfait écrin pour les 340 dégustateurs, qui ont jugé 9000 vins dont 600 suisses. Les résultats sont connus: la Suisse n’a jamais remporté autant de «grand or» (sept!) ni d’or (7 x plus, soit 50!) et 115 médailles d’argent dans un grand concours international: le haut du palmarès est détaillé ici.

Mondial de la Syrah, Mondial du Merlot, Lauriers de Platine rouges Terravin et Decanter Awards: n’en jetez plus! La distribution printanière de médailles d’or, c’est ici…

Le secrétaire général CMB à Aigle, et régional de l’étape, Nicolas Joss, vient d’être nommé directeur de Swiss Wine Promotion SA, qui devra se trouver un nouveau président d’ici la mi-juin… Un autre changement à la tête de la principale entreprise du vin de Suisse (et une des plus importantes d’Europe): Jean-Claude Vaucher prendra, cet été, sa retraite du groupe Schenk Holding. Deux départs au moment où le dossier des AOP-IGP suisses donne l’impression d’entrer dans une période de turbulences et de tergiversations : la «branche» vitivinicole a beaucoup de peine à se mobiliser pour plancher sérieusement sur ce dossier économiquement délicat, où les consommateurs n’ont guère voix au chapitre. Bonne nouvelle: les vins suisses ont réussi, en 2018, a accroître de 1,6 point leur part de marché!

Revenons à 2018: on dit les vins très «panachés», d’une région et d’un producteur à l’autre… Et on sait qu’il faut se méfier des années annoncées remarquables et qui doivent se juger à la longueur du temps, comme le fait la Mémoire des vins suisses (MDVS), avec ses distinctions sur le millésime qui a dix ans (cette année, le 2009: les meilleurs vins sont commentés ici). A la MDVS, une nouvelle génération paraît, comme dans toutes les régions du pays: lire mon article paru ce vendredi 3 mai dans le magazine Agri. La première vague de «ceux qui avaient fait Changins» cèdent, petit à petit, leur place à leurs enfants, et restent souvent actifs dans leur domaine familial, comme dans le Grisons. Et il y a de plus en plus de «filles de…» et d’«artisanes de la vigne et du vin» : ces dernières seront les vedettes et marraines de la Semaine du goût, du 12 au 22 septembre 2019. D’ici là, il y aura la Fête des vignerons de Vevey

De mon côté, après le Piémont traditionnel, je suis allé faire une virée juste de l’autre côté du Mont-Rose, dans l’Alto Piémont (le reportage complet ici), en attendant la Sicile et le Priorat, trois régions d’altitude comparables par le dynamisme de leur vignoble «héroïque» en plein développement. Ce Piémont le plus proche de la Suisse et le plus méconnu magnifie à sa façon le grand cépage nebbiolo, auquel le réchauffement climatique fait du bien ! Et j’ai dégusté des Divicos et des Divonas, deux cépages «made in Switzerland» résistants aux maladies de la vigne : une manière de faire du bio… naturellement !

Bonne lecture !

Pierre Thomas

©thomasvino.ch