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Posté le 27 mars 2017 dans Tendance

Bordeaux 2016 à l’abordage à Lausanne

Bordeaux 2016 à l’abordage à Lausanne

Les 11 et 12 mai, les amateurs de crus, les buveurs d’étiquette et de millésime seront à l’affût des échantillons de bordeaux «primeurs» dans deux dégustations, l’une au Lausanne Palace, organisée par le négociant Gazzar, l’autre au Beau-Rivage Palace, présentée par le Bordelais Jean-Marc Quarin, et soutenue par le commerce Vogel. Entre les deux, un dîner de prestige au BRP, le jeudi soir 11 mai, avec des vins servis en magnums uniquement.

Rien qu’à voir les raisins, début octobre, dans les Graves, où j’étais, rien qu’à écouter les propos de table des propriétaires aux anges, on devinait ce qui allait se passer six mois plus tard : en cette fin mars, des journalistes, puis dès la semaine prochaine, des négociants et sommeliers, s’extasieront sur ce millésime 2016. Une année qui avait mal commencé, très arrosée, puis sèche, avec un interminable automne ensoleillé, qui a souri aux cabernets, sauvignon et franc, et au sémillon. Les superlatifs sont au rendez-vous, surclassant même 2015 et sa nette remontée des prix, après 2012, qui se goût agréablement, 2013, très modeste millésime, 2014, classique et bien typé, avec, déjà un automne favorable.

Gazzar mise sur le seul millésime 2016, selon le principe commercial des primeurs : on achète et paie des vins pas finis, au mieux sur échantillon, au pire sur catalogue, et on les reçoit deux ans plus tard. Pour 70 francs (80 francs dès le 1er avril), possibilité de déguster des échantillons de 2016 de 70 propriétés, jeudi 11 mai, de 15 h. à 20 h. au Lausanne-Palace. Parmi les châteaux présents : Beychevelle, Branaire-Ducru, Canon, Cantenac-Brown, Figeac, Giscours, Haut-Bailly, Lagrange, Lascombes, Léoville Barton et Poyferré, Pape-Clément, Rauzan-Ségla, Charmail, La Conseillante, Poujeaux, Rollan de By et Sociando-Mallet, notamment.

Le lendemain, vendredi dès 11 h. et jusqu’à 21 h., quelques uns de ces vins seront «descendus» au Beau-Rivage Palace, où, pour 20 fr., si vous passez par le site de Vogel Vins, vous pourrez déguster des vins de 30 domaines, dont, sur rive droite, Brane-Cantenac, Lafon-Rochet, Larrivet-Haut-Brion, Léoville Poyferré, Pichon Baron, Saint-Pierre et, rive gauche, Canon, Fleur-Cardinale, La Dominique, La Fleur de Bouard, Larcis-Ducasse, entre autres. Et non pas sur un millésime, mais sur 2012, déjà buvable, 2014 que j’ai apprécié sur place, rive gauche tout récemment (mes vins préférés ici) et rive droite (idem), et 2016 en primeurs, en espérant que les échantillons, à défaut d’être représentatifs du vin fini, seront du moins pas trop entachés des défauts des vins tirés sur fûts (avec un risque majeur d’oxydation).

Trois dégustations de prestige complèteront le programme, moyennant finance, bien sûr, Château Margaux (ci-dessus dans la lumière de janvier 2017) et son second vin, Pavillon Rouge, des portos vintage de Quinta do Noval, présentés par Christian Seely (une interview qui date de 10 ans) et vingt millésimes de Clos de l’Eglise à Pomerol. Sans oublier une défense et illustration de Jean-Marc Quarin, (un entretien historique (2001) ici) qui soutient que Bordeaux se distingue davantage par la rive gauche et la rive droite et qu’il n’existe pas 30 familles de goûts différents, comme autant d’AOC de vins rouges pourraient le laisser penser, mais deux types de goûts, rive gauche, rive droite. Et même, ajoutons-le, deux vins distincts, à base de cabernet sauvignon, ici, et de merlot corrigé par du cabernet franc, là, cépages pour lesquels certains millésimes sont plus ou moins favorables…

Une bonne manière d’aller au-delà de l’étiquette et de la hiérarchie du classement de 1855 dont l’actualité se mesure par une règle économique simple : les vins les mieux cotés depuis un siècle et demi sont aussi ceux qui ont su se vendre et ont donc pu se permettre d’investir…

A Bordeaux, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire chaque année  les miracles sont beaucoup plus rares que les oracles, qui s’écartent rarement des sentiers battus !

©thomasvino.ch