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Vendanges de… médailles d’or

Les vendanges se terminent en Suisse. Au printemps, un coup de froid a compromis le passage de la fleur. Résultat: des grappes hétérogènes et de 10% de vendange en moins (Valais), à 20% (Genève) en passant par 13% (Vaud), en moyenne. De quoi respecter les quotas qui avaient été abaissés pour des raisons économiques! La qualité paraît au rendez-vous, avec des pinots noirs très (trop?) mûrs, de petits raisins avec peu de jus… Avant le Jeûne fédéral, une magnifique semaine estivale devrait favoriser la récolte, sans trop attendre, pour ne pas retrouver les niveaux d’alcool de 2018 (des rouges frisant les 15% naturels!). Une acidité suffisante rapproche ainsi ce millésime 2020 de l’excellent 2015.

Bonne nouvelle pour les vins suisses: ils ont été davantage vendus dans les principaux supermarchés durant le semestre du confinement. Mais les vins genevois, alémaniques et valaisans ont plus progressé que les vaudois…

Du côté des concours, belle vendange de médailles d’or. Tant au Concours Mondial de Bruxelles, à Brno, en Tchéquie, que dans les concours réputés mondiaux, mais qui ne couronnent que des Suisses, les plus assidus (pinots et merlot). La Suisse a décroché deux «grandes médailles d’or», dont une pour un merlot du Tessin et l’autre pour un «supervalaisan», à 82 fr. le flacon… et j’ai dégusté sur quatre millésimes. J’ai aussi profiter de visiter les vignobles tchèques: les vins tchèques (66 millions de litres) sont bus sur place, en Moravie, et à Prague. Comme les vins suisses, ils ne sont pratiquement pas exportés (sauf en Pologne, au Canada et aux Etats-Unis, en très petite quantité…).

Quant au Grand Prix du Vin Suisse (GPVS) il prend l’allure d’une Sélection des vins du Valais, avec 39 des 78 finalistes… Le Gala des vins suisses à Berne, en journée (29 octobre) et sur invitation uniquement, révèlera les podiums des vainqueurs. A Londres, Decanter a livré son verdict parmi 50 producteurs qui avaient soumis des vins: Provins est en tête, avec son liquoreux du Domaine de Tourbillon 2015.

La Sélection des vins de Genève, pour la 1ère fois en 21 éditions, a couronné un vin de la plus grande cave du 3ème canton viticole. Le Mondial du Chasselas a (naturellement!) couronné un vin vaudois, bien connu, de Lavaux. Et la Sélection des vins vaudois a aussi mis à son sommet un (autre) chasselas de Lavaux! Les Neuchâtelois et les Bernois, ont aussi désigné leurs «vignerons de l’année 2020».

Parmi les nouvelles sur mon site, le groupe Schenk à Rolle, un des grands du monde du vin et parmi les plus discrets, vient, cet été, de procéder à plusieurs remaniements importants. Ici, en exclusivité. C’est le directeur du groupe à Rolle, André Fuchs, qui préside l’association Clos, Domaines et Châteaux qui vient d’accueillir son 25ème membre, le Château de Glérolles, au pied de Lavaux.

Ce printemps, je suis allé rencontrer le «baron» du Dézaley, le plus qu’octogénaire Louis-Philippe Bovard, qui a aussi ses recettes radicales face à la crise vitivinicole… et ma chronique parue début juillet dans le magazine encore ! sur un cépage savoyard l’altesse bien acclimaté dans ce vignoble vaudois qui le fut, savoyard. Et un focus sur le seul domaine classé 1er Grand Cru vaudois pour ses rouges sur le millésime 2018, le Château Le Rosey, cultivé en biodynamie, à Bursins. Sans oublier une vaste dégustation très «à la mode» de vins dits «nature», uniquement suisses (une soixantaine tout de même).

Le magazine Terre & Nature m’a consacré un portrait signé Véronique Zbinden, qui collabore, comme moi, à Hôtellerie & Gastronomie Hebdo, mais le voyage «lecteurs» qui devaient nous conduire aux Grisons et au Tessin a été annulé…

Bonne suite, santé et conservation (et même conversation) !

Pierre Thomas ©thomasvino.chtrusted journalist