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Posté le 4 juillet 2018 dans Edito

L’emballement des concours gigognes

L’emballement des concours gigognes

Tout le monde le constate: il y a trop de concours et trop de médailles. Et pourtant, chaque année davantage de producteurs présentent plus de vins!

Ce qui n’empêche pas le système de fonctionner à trois ou quatre étages:

— le premier, placé en début de printemps, avec les concours internationaux, comme celui de Bruxelles, cette année à Pékin, en 2019 à Aigle; et les «mondiaux» suisses que sont ceux du Merlot, du Chasselas (palmarès ici) et des Pinots…

— le deuxième, les sélections cantonales, à Neuchâtel (palmarès), à Genève (palmarès) et à Lausanne (palmarès), chacune avec sa brassée de médaillés d’or. En principe, ces sélections servaient à mettre sur orbite le… Même Lucerne s’y met: cette année, 6 catégories primées pour 30 hectares de vignoble!

Grand Prix du vin Suisse (GPVS), à Sierre; ce 12ème s’approche toujours plus des 3’000 vins (2867) de plus de 500 (525) caves; malgré le petit millésime (en quantité), la moitié des vins jugés en juin à Sierre sont de ce fameux 2017. Avant le palmarès, proclamé le 18 octobre à Berne, les vins «nominés» (6 par catégorie) seront re-dégustés par un super-jury (j’en fait partie), les 9 et 10 août, à Sierre.

L’articulation s’est donc complexifiée et les «sélections» cantonales sont à prendre pour elles-mêmes. Le Mondial du Merlot ne fait pas d’ombre non plus au GPVS, qui enregistre 66 vins de plus dans cette catégorie (+ 36%) et 23 de plus dans les effervescents (+ 23 vins, soit +27%), distingués pourtant déjà dans les cantons.

Bref, plus il y a de médailles en jeu, plus les producteurs sont contents! Les bios suisses ont même droit à deux compétitions concurrentes, l’une plutôt alémanique, l’autre romande… Où les Vaudois se mettent aussi au «vin nature». Ou se convertissent à la biodynamie.

Les concours de (meilleurs) sommeliers n’échappent pas à cet emballement et les titres se multiplient

Après avoir participé au jury des trois plus importants concours internationaux du printemps (Mundus Vini, Vinalies de Paris, Concours Mondial de Bruxelles), j’ai aussi «tourné» en Suisse et dans le monde: après le Chili sur la trace des Suisses, la Moldavie, la Toscane, chez les marquis Frescobaldi, en Sardaigne, sur la trace du vermentino, en Chine, dans le Ningxia… ou la dégustation du dernier millésime du sauvignon blanc néo-zélandais de Cloudy Bay.

Autant de reportages, mis en ligne au fur et à mesure de leur parution en presse écrite.

Bon été et bonne lecture!

Pierre Thomas, journaliste indépendant (d’esprit!).