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Posted on 4 juillet 2018 in Edito

En attendant le Concours Mondial de Bruxelles à Aigle

En attendant le Concours Mondial de Bruxelles à Aigle

Pour la première fois, le Concours mondial de Bruxelles (CMB), délocalisé chaque année, se tiendra en Suisse, à Aigle, du 1er au 6 mai prochains. On attend une forte participation des vignerons suisses, régulièrement en nombre et bien classés, comme l’an passé à Pékin. Le délai pour présenter les échantillons court jusqu’à la fin du mois de février... Le CMB publie aussi sa vision des tendances sur le marché mondial du vin.

Comme ces dernières années, 2019 a débuté sur les chapeaux de roue: une tournée sur la rive gauche bordelaise et ses plus prestigieux GC 1855, avec une extension en Sauternes et dans les Graves, puis une tournée ce mois de janvier au Piémont! Découvrez mes coups de coeur 2016 à Bordeaux et mes notes de dégustations 2015 et 2016 sur les barolos, barbarewscos & co!

Ce sont mes premiers marathons 2019… Les suivants seront le Concours Mondial de Bruxelles à Aigle en mai et je me suis préparé au suivant, dès la mi-juillet, la Fête des Vignerons de Vevey.

Le millésime 2018, jugé excellentissime en Suisse, n’est pas encore sorti des cuves et des caves — à l’exception du «beaujolais nouveau». Et des chasselas non-filtré de Neuchâtel,  et avant eux, les vins de la Ville de Lausanne, qui vend ses vins aux enchères «en primeur» le deuxième samedi de décembre depuis 216 ans! Et Provins affiche son optimisme malgré des comptes 2017 marqué par les problèmes climatiques et la petite récolte valaisanne.

Les Vaudois ont pris congé de Pierre Keller, président sortant de l’Office des vins vaudois (OVV), au moment où les Zurichois snobent le chasselas plus que jamais: la première volonté de son successeur, Michel Rochat, a été de confier un mandat de publicité pour les vins vaudois à une agence zurichoise! Le Conseil d’Etat vaudois a désigné son 1er Grand Cru, vin d’honneur pour l’année 2019, un chasselas du Chablais comme l’a fait le jury de journalistes suisses convoqué par le label Terravin pour ses Lauriers de Platine.

Le Valais a dévoilé ses étoiles à Berne: un palmarès joliment étoffé cette année. Et nous sommes allés déguster un des premiers assemblages rouges genevois, l’atypique Douce Noire, passée en revue sur vingt millésimes. Les Valaisans ont aussi des assemblages, à côté des monocépages traditionnels, et on commence à avoir un peu de recul sur les plus ambitieux. D’autres en produisent en iconoclaste, donc sans élevage sous bois… et même de jeunes Fribourgeois ont sorti leur «super Vully»!

Au rayon des nouveautés, le demi-frère du rouge Divico, le blanc Divona, fait ses premiers pas. On peut être puriste et refuser les croisements naturels entre cépages, mais quand ceux-ci sont résistants et agréables à boire, ils devraient avoir de l’avenir!

J’étais allé faire un tour en Champagne: de petits vignerons jouent leur propre carte, originale, qui dictera le ton des grandes maisons, largement majoritaire avec leur BAS — le brut sans année.

Et 2018, pour moi, a été marqué par des voyages:

en Chine, dans le Ningxia, notamment, la région la plus prometteuse;

en Toscane, dans quelques uns des meilleurs crus de la région;

en Sardaigne, où le vermentino a réussi une percée spectaculaire parmi les blancs italiens;

au Chili, sur la trace de Suisses établis depuis plus d’un siècle au sud de Santiago;

en Moldavie, qui fut le dernier invité d’honneur du salon Arvinis en terre vaudoise (il émigre à Genève, en automne de cette année 2019).

Et d’ici fin mars 2019, on saura ce que les milieux vitivinicoles pensent des nouvelles AOP-IGP. La désignation du conseiller fédéral vaudois Guy Parmelin à l’économie (et donc à l’agriculture) pourrait être un frein: on voit mal un ex-paysan-viticulteur de La Côte, UDC de surcroît, ouvrir le jeu vers une mise à niveau européenne… Suspense!

Pierre Thomas, journaliste indépendant (d’esprit).